C’est un programme qui intéresse directement la Marine Nationale puisque les futurs pilotes de Dassault Aviation Rafale M se forment aux États-Unis sur cette machine. L’US Navy se donne jusqu’à janvier 2027 pour sélectionner l’avion d’entraînement avancé destiné au remplacement des actuels McDonnell-Douglas T-45C Goshawk. Particularité notable ce futur avion ne servira pas à bord des porte-avions américains, l’enseignement de l’appontage et du catapultage étant désormais réservé à des simulateurs et des pistes en dur. C’est la fin programmée d’une méthode qui remonte aux origines de l’aviation de chasse embarquée américaine à réaction.
Dérivé navalisé du célèbre BAe Hawk le McDonnell-Douglas T-45 Goshawk vole au sein de l’US Navy depuis 1991. C’est donc un avion désormais ancien. Et surtout qui s’use beaucoup. Il faut dire que les embruns ne sont pas forcément les meilleurs amis du T-45 Goshawk. C’est là le lot de tous les avions d’entraînement avancé destinés à opérer sur porte-avions. Une phrase qu’il faudra sans doute bientôt écrire à l’imparfait de l’indicatif.
L’US Department of Defense a donc publié une RfI, une Request for Information. Cette procédure administrative est parfaitement habituelle outre-Atlantique quand le gouvernement fédéral recherche un fournisseur et un produit particulier dans un programme d’acquisition. Ici c’est simple il faut un avion d’entraînement avancé à réaction pouvant réaliser des appontages et des catapultages simulés sur une piste spécialement dédiée à cet effet. Nul besoin donc de recourir à sa navalisation, un avion purement terrestre fera l’affaire. Les constructeurs étrangers, entendez par là les avionneurs européens, devront s’associer avec un industriel américain.
Il ne s’agit nullement là d’une nouvelle lubie de l’administration Trump puisque ce principe était déjà dans les cartons de l’administration Biden depuis 2022. Les différents avionneurs ont jusqu’au 31 décembre 2025 inclus pour présenter leurs propositions. Ensuite l’US Department of Navy, qui rappelons le relève directement de l’autorité de l’US Department of Defense pour toutes les questions relatives à l’US Navy et à l’US Marines Corps, devra rendre sa copie et révéler le vainqueur au plus tard au 30 janvier 2027. Les délais sont donc très courts.
Aux États-Unis certains soutiennent que les dés sont pipés et que la victoire reviendra à Boeing et à son T-7A Red Hawk développé conjointement avec Saab. Il est utile de rappeler que ce jet d’entraînement de nouvelle génération subit déjà de lourds retards. Au niveau de ses éventuels concurrents deux avions reviennent cependant sous la forme, sans grande surprise, de l’Alenia-Aermacchi M-346 Master italien et du KAI T-50 Golden Eagle sud-coréen.
Le programme visant à en finir avec les avions d’entraînement embarqué s’appelle donc FCLP, pour Field Carrier Landing Practice. Il prévoit de réaliser tous les appontages catapultages en simulation. Soit depuis un simulateur de vol au sein même de l’école soit depuis un avion atterrissage et redécollant depuis une piste simulant elle-même un pont d’envol. Le FCLP est donc la mort d’un savoir-faire qui existe depuis les Lockheed T2V SeaStar, Grumman TF-9 Cougar, Douglas TA-4 Scooter, et North American T-2 Buckeye jusqu’à l’actuel McDonnell-Douglas T-45 Goshawk. Une belle lignée qui malheureusement est appelée à s’éteindre.
Affaire (évidemment) à suivre.
Photos © US Navy
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4 réponses
Bonjour Arnaud. À la lecture de votre article, je me demande l’intérêt pour nos futurs pilotes de l’aéronavale d’être formés aux États Unis en supprimant la phase d’entraînement sur porte avion.
Bonjour,
Cette evolution laisse un peu perplexe sur plusieurs aspects. Tout d’abord, lors de l’appontage, la piste est en mouvement et totement isolee… ce sont des sensations difficiles à recréer en ASSP. Comptent-ils sur les appontages full-auto? Concernant leurs futurs avions, ils devront tout de même etre durcis et avec une crosse pour les atterissages sans arrondis et s’entraîner à la prise de brins… les pilotes vont donc faire leur premier appontage avec un F18F ou un F35C voire le futur chasseur 6G!!! Ca rigole pas…
Est-ce que ça ne risque pas de causer des accidents si la formation est ainsi réduite ? Une piste ça bouge moins qu’un porte-avions dans la houle ? Enfin je crois.
Bonjour Arnaud, Staff et Passionnés.
Je partage les doutes de Lelapingarou et Philippe D. Utiliser directement un Boeing F/A-18E/F Honet pour les premiers atterrissages me semble dangereux.
Cependant, un chasseur de sixième génération sera probablement capable d’atterrir de manière autonome sur un porte-avions, et peut-être même sur un Lockheed Martin F-35 C Lightning II.
Cela dit, j’espère que – compte tenu des problèmes du Boeing T-7 Red Hawk – il existe une possibilité pour le Leonardo M-346 Master. À mon avis, Leonardo devrait être d’accord avec Lockheed Martin pour une production aux États-Unis d’Amérique.
Le gouvernement pourrait profiter de l’occasion pour « compenser », en partie, Lockheed Martin pour l’échec de l’attribution du programme Next Generation Air Dominance.
Si Donald le permet, bien sûr ……
Traduit avec Google.