Les Dassault Aviation Rafale et Lockheed-Martin F-16V Viper ont donc été sèchement battu. La Colombie a choisi d’acquérir seize Saab JAS 39 E/F Gripen afin de remplacer ses vieux I.A.I Kfir datés de la fin des années 1980. Un choix souverain qui doit cependant encore être validé par l’administration fédérale des Etats-Unis puisque l’avion suédois intègre de nombreux éléments stratégiques américains. Et avec un duo Trump-Vance à la Maison-Blanche on ne peut pas dire que ce soit gagné.
Objectivement les Colombiens ont sans doute coupé la poire en deux, entre un Dassault Aviation Rafale F4 sans doute trop haut de gamme et un Lockheed-Martin F-16V Viper de son côté trop marqué américain. Avec le JAS 39 E/F Gripen ils ont l’assurance de posséder un réel chasseur de génération 4.5 qui peut entrer dans leur enveloppe de 3.3 milliards d’euros tout en permettant d’avoir un nombre suffisant de chasseurs.
On sait aussi qu’un pays tiers a joué sa partition dans les négociations entre la Colombie et la Suède : le Brésil. Non seulement il s’agit du premier pays sud-américain à avoir acquis cet avion de combat mais en outre il l’assemble sur son propre territoire. Embraer pourrait donc tirer son épingle du jeu auprès de la Colombie en finalisant l’usinage des Gripen. Particularité notable ce contrat ne sera pas signé avant la première quinzaine de juillet 2025 et la tenue localement du salon aéronautique F-Air Colombia. La Suède en sera d’ailleurs l’invité d’honneur. Il se dit d’ailleurs qu’en plus du Gripen un avion de surveillance radar S100 Argus fera le déplacement. On sait en effet que la Colombie cherche depuis plusieurs années à acheter un ou deux AWACS.
La lettre d’intentions signée entre Bogota et Stockholm est-elle ferme et définitive ? En théorie oui. En pratique c’est déjà très différent. En effet le Saab JAS 39 EF Gripen est loin d’être ce que l’on appelle « ITAR Free ». Entendez par là qu’il respecte la loi fédérale américaine dite ITAR, pour International Traffic in Arms Regulations. En gros il intègre de la technologie stratégique américaine qui pourrait conduire ce contrat à être retoqué par l’administration Trump. D’ailleurs qu’est-ce qui fait que le Gripen ne soit pas « ITAR Free » ? En premier lieu sa motorisation sous la forme du Volvo Reaktionsmotor 12 qui en fait est une production sous licence du bon vieux General Electric F404 notamment employé sur le McDonnell-Douglas F/A-18 Hornet. Des entreprises américaines comme L3Harris ou encore Northrop Grumman fournissent des éléments d’avionique à Saab.
En outre l’administration Trump-Vance pourrait parfaitement faire le choix de retarder voire de faire annuler la commande en représailles de la non sélection du F-16V Viper.

Quelle serait alors la solution pour les Colombiens ? Soit la plus logique à savoir le bras de fer diplomatique avec les Américains soit la plus tactique en recourant à un avion de combat « ITAR Free », donc au Dassault Aviation Rafale F4. Pas sûr cependant que les négociateurs français soient aussi coulants vis-à-vis des militaires colombiens. La position de second choix voire de pis-aller n’est pas toujours la plus drôle à tenir. Logiquement pourtant l’administration américaine devrait valider l’achat des Gripen.
Affaire à suivre
Photos © Força Aérea Brasileira
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4 réponses
Dommage pour le Rafale mais décision logique. Le Rafale aurait été surdimensionné pour les besoins de la Colombie.
Trump et ses sbires accepteront-ils cette vente à la Colombie? Mystère e boulle de gomme! La problématique que le Gripen ne soit pas « ITAR Free » doit être préoccopant à Ottawa pour l’achat du Gripen. Il coulera encore beaucoup d’eau sous les ponts de Québec avant que le Canada choisira un autre candidat pour remplacer les F-35.
Le Rafale serait le choix logique !
Un choix logique. Bravo à Saab qui mérite ce contrat. J’ espère que les États Unis seront fair play en ne mettant pas de restriction à la fourniture de leur réacteur.